Yannick GUILLOUX / Maxou HEINTZEN – Les Maîtres Sonneurs, aux sources littéraires du festival de Saint-Chartier

La géographie berrichonne issue du « cycle champêtre » sandien repose sur quelques lieux figurant désormais dans tous les guides touristiques : le moulin d’Angibault, la mare au diable… Qui se souvient que la commune de Saint-Chartier y tient, elle aussi, un rôle de premier plan ? Étienne Depardieu, le récitant des Maîtres Sonneurs, y est né au mitan du XVIIIe siècle. Dans la forêt près du bourg le héros du roman entend sa première grande cornemuse. Dans un de ses cabarets se tient le concours qui proclamera le meilleur Maître-sonneur, et l’on y danse « sur la place entre la messe et les vêpres ».
Du cœur de ce roman, s’inventent les « Rencontres » dont nous fêtons le cinquantenaire en 2026. Mais plus encore, c’est dans ses lignes que s’abreuve l’imaginaire des premiers acteurs du renouveau des musiques traditionnelles du Centre autour de 1980. Remettre en jeu des grandes cornemuses, aller sonner au creux des forêts, se confronter en d’amicales joutes, composer la plus belle bourrée du monde, autant d’envies nées d’un roman.
Nous tirerons quelques fils, en musique et en citations des Maîtres Sonneurs, entre sa parution en 1853, sa réception à la fin du XIXème siècle, sa lecture par quelques jeunes musiciens à la fin du siècle dernier, et ce « Son Continu » qu’il a engendré.
Yannick Guilloux est née à Saint Amand Montrond, autrefois situé en Bourbonnais, puis passé en pays berrichon. Professeure de lettres en lycée agricole (public), elle a consacré sa thèse de littérature comparée aux écrivains et artistes régionalistes du Berry qui ont succédé à George Sand autour de 1900. Chanteuse, elle fut proche d’Andrée Duffault « la Dédée », récemment disparue, qui nous a transmis un important répertoire. Yannick Guilloux est membre du quintette Roulez Fillettes, fondé par Évelyne Girardon.
Jean-François Heintzen, dit « Maxou », fréquente les rencontres de Saint-Chartier depuis 1979. Vielleux-cornemuseux avec La Chavannée et La Grande Bande de Cornemuses, il est à l’origine avec quelques collègues, du « Grand Serpent » qui clôture désormais le Son Continu. Par ailleurs docteur en histoire, il se penche sur les pratiques musicales des milieux populaires (XVIIe – XXe siècles) : les usages sociaux de la musique et de la danse, la lutherie populaire, l’édition et la diffusion chansonnière, les acteurs de la collecte ethnographique dans le Centre de la France.