Au-delà de son aspect festif, le son continu se veut être un lieu où s’échangent les savoirs, et où la distance entre l’artiste et son public est réduite au maximum : les musiques promues par le son continu s’éloignent des pratiques du « star-system ». La relation privilégiée que le musicien entretient avec son luthier, dans le cas où celui-ci est un véritable artisan, est au centre des préoccupations du son continu.
On trouvera donc, durant le festival, un lieu où s’exprimeront :
des luthiers, venant témoigner de l’aspect pionnier de leur démarche ;
des artistes, présentant « hors scène » une vision rétrospective sur leur carrière.
Les conférences, librement accessibles, se déroulent dans une salle du château. La jauge modeste (environ 80 places) permet une grande proximité entre les intervenants et le public. Les modes de communication sont variés : projections, présentation orale, jeu musical… Un échange, type « questions-réponses » peut s’instaurer avec l’auditoire.

Jeudi 14 juillet – 17 h

Conférence d’André RICROS : La cabrette, une histoire probable

Cette conférence a pour objectif de retracer au plus près les péripéties de la naissance d’une des cornemuses du sud du Massif Central : la Cabrette. Compte tenu du faisceau d’influences qui a participé à son existence, c’est une arborescence d’hypothèses qui vous sera proposée. Dans l’entrelacs de ces multiples connexions, une vérité probable devrait pouvoir prendre forme pour chacun des auditeurs ainsi confronté à l’histoire qui lui conviendra de valider comme étant de bon cheminement. Il choisira donc, au cœur de tous ces croisements où notre cabrette a dû, comme une boule de flipper, être entraînée par un grand nombre de volontés dont certaines durent être contradictoires, affirmer sa vérité pour, je l’espère, pouvoir en démordre, ou du moins, en discuter.

Né en 1953, André Ricros est musicien, chercheur, il a publié de nombreux ouvrages et disques consacrés au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Auvergne. Il codirige la compagnie l’Auvergne Imaginée et fut le créateur de l’Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne en 1985.


Vendredi 15 juillet – 17 h

Rencontre avec Laurence BOURDIN : La vielle, c’est contemporain !

La vielle à roue est un laboratoire sonore riche et complexe, dont les possibilités acoustiques – et à fortiori électroacoustiques – l’inscrivent résolument dans la musique contemporaine. Depuis bientôt trente ans, je suis à l’écoute des sons que la vielle veut bien me livrer – y compris ceux qu’on cherche à gommer, étouffer dans l’utilisation traditionnelle de l’instrument. Des musiques traditionnelles, anciennes et jazz à l’écriture contemporaine – de la mélodie à la recherche sonore – de l’acoustique à l’électroacoustique – de la musique écrite à l’improvisation, j’ai élargi petit à petit mon univers musical incluant tous ces « sons » dans la composition des pièces que j’écrivais. Et puis en 2014, j’ai enfin pu commander, pour mon nouveau projet Hurdy Gurdy # Myst, cinq pièces pour vielle solo à cinq compositeurs contemporains : Xavier Garcia, Pierre-Alain Jaffrennou, Pascale Jakubowski, Jean-Michel Bossini et Christophe Havel… La relation « nouveaux modes de jeu/nouveaux sons » s’est alors imposée dans ma recherche perpétuelle avec ce drôle d’instrument !

Laurence Bourdin, née en 1972, débute la vielle à roue à l’âge de treize ans dans son village du Périgord. Elle commence en jouant le répertoire des musiques traditionnelles d’Occitanie1, puis suit l’enseignement de Michel Lemeur, Maxou Heintzen, Gilles Chabenat, Valentin Clastrier, Pascal Lefeuvre. Elle intègre en 1996 le Viellistic Orchestra qui lui permet d’aborder les musiques médiévale, Renaissance, arabo-andalouse et contemporaine. En 1998, elle crée le groupe Kashmir Acoustic Quartet, fusion jazz rock et musiques traditionnelles. Miquèu Montanaro lui demande d’intégrer sa compagnie en 1999 avec qui elle participe à des créations musicales sur divers continents (Colombie, Palestine, Maroc, Hongrie…). Après son premier solo EN PARTANCE au Festival de Parthenay, elle quitte son poste de chargée de mission et professeur de vielle à roue à l’Adda Lozère en 2002 pour se consacrer entièrement à sa carrière artistique, et notamment à la recherche et la composition sonores. Elle crée en 2006 la Cie Grain de Son en Haute-Loire dont elle est l’actuelle directrice artistique. Elle s’intéresse à la musique électroacoustique, et commande des pièces à divers compositeurs contemporains.

Samedi 16 juillet – 17 h

Rencontre avec Christian PACHER :

Du folklore au trad ” C’est quand qu’on va où ? “

« Y’a pas à tortiller, faut qu’ça envoie ! » Une enfance à Pamproux (Deux-Sèvres) digne des 400 coups, l’influence d’un père chanteur et musicien, le goût précoce pour le son du violon. Trente ans de bals, et l’expérience « Ciac Boum »…

Né en 1964 au sein d’une famille de musiciens en Poitou, Christian Pacher est imprégné de chansons et mélodies qui seront le socle de son parcours musical. Sa culture Poitevine constitue le socle principal de son expression. Son père André Pacher (1932-1996), fonde le premier groupe de recherche sur la culture populaire des pays poitevins, au sein des Pibolous groupe folklorique traditionnel, qu’il va faire notablement évoluer. Ses oncles Maurice et Yves animent eux aussi les « Ballets Populaires Poitevins ».
Très tôt Christian Pacher prend part à de nombreuses créations tant en concert, bal ou ballet au sein d’associations œuvrant pour la promotion des cultures populaires. Auteur compositeur interprète, il développe parallèlement des territoires plus personnels et poétiques. Sa plus récente aventure est « Ciac Boum », trois musiciens qui mènent le bal à la baguette, un mélange à la fois énergique et chaleureux, où l’on retrouve toute la variété du répertoire des danses poitevines. Le trio est programmé ce samedi 16 juillet au « Son Continu », pour une rencontre avec « La Machine » qui devrait décoiffer…

Le son continu est heureux de vous accueillir pour sa troisième édition. Nous souhaitons offrir aux professionnels luthiers et aux festivaliers, lors de ces quatre jours de rencontres, les conditions idéales à l’exercice de leur activité et de leur passion. Autour du salon de lutherie s’organiseront concerts, bals, animations, conférences, scènes ouvertes pour le plaisir de chacun. Danseurs, spectateurs, visiteurs d’un soir, les sourires et les visages radieux lors de l’édition précédente ont fait notre fierté et c’est toujours dans la simplicité, la convivialité et l’esprit participatif que nous entendons inscrire ce nouveau rassemblement. Par le maintien des tarifs modiques, nous souhaitons permettre au plus grand nombre de participer à cette fête pour se laisser charmer par nos musiques.

Dimanche 17 juillet – 14 h

Conférence de Philippe KRÜMM : L’accordéon, quelle histoire !

La mythique « boite à frissons » créée pour imiter la voix humaine, a fait danser plus d’un couple et tourner plus d’une tête.
Mais qui sait aujourd’hui que l’accordéon a grandi dans les bras de demoiselles en crinolines au XIXe siècle, pour continuer sa carrière aux mains d’immigrés italiens, inventant avec les Auvergnats la valse musette et la java ? Qui sait encore qu’il s’est installé en territoire zoulou ou qu’il est parti à la conquête de l’ouest ? Pendant ce temps son cousin le bandonéon, né en Allemagne devenait la voix du tango en argentine…

Philippe Krümm nait à Paris en 1956. Déçu de ne pouvoir, à 15 ans, devenir pilote de course à moto, il se tourne vers la musique ! Dès lors, il est de toutes les aventures de ce que l’on nomme en France le folk, les musiques traditionnelles puis les musiques du monde. Après des études de marketing, il se consacre à l’ethnomusicologie de la France à Nanterre, puis à l’organologie au C.N.S.M. de Paris et à l’acoustique musicale à Jussieu. Il est chargé de mission pour les musiques traditionnelles au ministère de la Culture, à la Direction de la musique (1982, 1989).
Fondateur des labels Silex et Cinq Planètes, il fut également directeur des “Rencontres internationales de luthiers et maîtres sonneurs” de Saint-Chartier. Aujourd’hui, il est journaliste voyageur, rédacteur en chef et fondateur de différents magazines sur les musiques du monde et l’accordéon (Trad’Magazine, Accordéon & Accordéonistes…), chroniqueur à France Musique, auteur de nombreux livres et articles sur les musiques populaires et les instruments à anche libre métallique. Il voyage depuis la fin des années 1970 à la rencontre des peuples, de leurs musiques et de leurs instruments.
Il participe à de nombreuses expertises et expositions pour différents musées dans le monde. Il a eu le plaisir et le privilège d’assister Alain Vian (frère de “l’autre”, historique et passionnant antiquaire en instruments de musique à Paris) sur des ventes aux enchères. Il anime également de nombreux colloques et conférences sur l’histoire et l’organologie des instruments de musiques populaires. Il est chevalier des arts et lettres (2007).