Le propos des conférences est de faire le lien entre les activités festives (concerts, bals) présentes au Son Continu et l’histoire des musiques traditionnelles et populaires qui les sous-tend. Il s’agit d’une histoire récente, comme le collectage des années 1980, ou plus ancienne, celle des luthiers redécouverts au gré des recherches.
Ainsi nous irons du Bourbonnais à la Haute-Auvergne, sur les pas de quelques collecteurs. Frédéric Paris a traqué les derniers souvenirs des anciens ménétriers d’Allier, tandis que Christian Oller a parcouru l’Auvergne pour recueillir le répertoire chanté et joué, en particulier par les Violoneux corréziens dont il fut l’un des promoteurs. Catherine Perrier, grande collectrice du chant traditionnel des provinces de France, nous fera découvrir Louise Reichert, chanteuse cantalienne qu’elle a longuement fréquentée, tandis que le benjamin Romain « Wilton » Maurel présentera la tradition des Réveillez, en liaison avec le concert donné la veille sur la grande scène.
Pour ce qui est de la lutherie, un quarteron d’experts berrichons et bourbonnais fera le point sur le travail de Jean Sautivet, le dernier facteur de « grandes cornemuses » en Berry, tandis que Marco Tomassi et Éric Montbel raconteront l’aventure de la reconstitution de la Sordellina italienne.

Samedi 11 juillet 2020 – 17h00

Frédéric PARIS : Ménétriers du Bourbonnais

Une évocation en images et en musique par Frédéric Paris, président de La Chavannée.
Dès 1974, Frédéric Paris recueille les témoignages d’une pratique musicale en voie de disparition dans son bocage bourbonnais natal. À cette époque, ceux que l’on appelle encore les « ménétriers » ne survivent que dans les mémoires familiales à travers des photos, quelques airs chantés, des instruments… Parfois, la chance sourit au jeune enquêteur et l’on rencontre un joueur de vielle, de cornemuse ou d’accordéon.
Multiinstrumentiste et chanteur, Frédéric Paris recueille les « carnets de bals » des musiciens. La découverte des manuscrits de la « musicologue » Marguerite Gauthier-Villars l’oriente vers les chansons et nourrira en grande partie le répertoire de La Chavannée.


Dimanche 12 juillet – 15h00

Romain “Wilton” MAUREL : Sur les traces des chants de quêtes nocturnes du Massif Central

Au milieu du grand corpus des chansons de tradition orale d’Auvergne et du Limousin, les “réveillez” fascinent et interrogent quant à la dimension tragique de leurs paroles et leur fonction : réveiller les habitants endormis, isolés par l’hiver qui se termine, et les rappeler à la mort. L’apparente singularité de ces quêtes nocturnes rituelles sera ici traversée, en recoupant archives sonores et écrites, documents ethnographiques et regards interprétatifs prêts à nourrir la subjectivité nécessaire à la création artistique, en échos au spectacle joué la veille.


Dimanche 12 juillet – 17h00

Marco TOMASSI, Éric MONTBEL : La Sordellina de Manfredo Settala, histoire d’une reconstitution

La sourdeline (sordellina) est restée longtemps une cornemuse italienne un peu mythique. On la connaissait par les dessins de Mersenne (1636), par un recueil de mélodies manuscrites (Baldano, 1600), et par quelques peintures et estampes du XVIIe siècle. On savait qu’elle avait été jouée dans l’Europe entière par le virtuose François Langlois, qui vécut à Rome, Naples, Londres et Paris. Une reconstitution remarquable a été proposée voici 20 ans par le facteur allemand Horst Grimm. Mais plusieurs sources récentes nous ont donné des informations essentielles sur cette cornemuse polyphonique italienne, exceptionnellement complexe, sophistiquée. Plusieurs tableaux ont été découverts, nous permettant d’avancer dans une proposition d’instrument reconstruit plus proche de l’instrument de Settala et de celui dessiné par Mersenne dans l’Harmonie Universelle. Éric Montbel a conduit cette recherche, et Marco Tomassi a construit et joué l’instrument : ils nous proposent le récit, en images et musique, de cette aventure.


Lundi 13 juillet – 15h00

Mes premières collectes , conférence ludique de Christian OLLER

« Depuis quelques années, à ma grande surprise, je suis régulièrement sollicité par des musiciens, chercheurs, étudiants qui s’interrogent sur l’époque des premières collectes réalisées par de jeunes urbains auprès de musiciens de campagne, dans les années 1970-80.
Les pochettes et livrets des diverses publications (dont certaines sont devenues des classiques comme les « violoneux corréziens » et plusieurs disques ou CD de collecte que j’ai réalisés ou co-réalisés ) ne suffisent pas à étancher la soif de curiosité de ces personnes qui veulent en savoir plus : quand le collecteur devient collecté ! Comment ça se passait ? Comment êtes-vous arrivés chez ces musiciens, ces chanteurs? Comment étiez-vous accueillis ? Etc.
J’ai donc été emmené à replonger dans cette discographie, à recompulser des photographies, à revoir de vieux films, relire une partie de cette histoire qui me semble comme une épopée aujourd’hui. Donc « Ma première semaine de collectage, sa vie, ses moeurs », voilà le titre de cette intervention, non sans humour et
musique bien sûr. »

Christian Oller
Remerciements au CMTRA et La Chanterelle qui m’ont permis de créer cette intervention.


Lundi 13 juillet – 17h00

Catherine PERRIER : Louise REICHERT, chanteuse de la Châtaigneraie aurillacoise, une marginale
bien intégrée.

Chanteuse à facettes multiples, Louise (1896-1985) est l’héritière d’une riche tradition chantée, de savoirs médicinaux et culinaires. C’est aussi une femme moderne, libre. Personnage controversé autant que vénéré, elle exerce encore aujourd’hui cette sorte de fascination qui mène à la légende.
Catherine Perrier chante, collecte, transmet, étudie la Chanson traditionnelle francophone depuis des lustres, et ce dans toutes sortes de cadres, folk, associatifs ou institutionnels.


Mardi 14 juillet – 15h00

Jean-Jacques SMITH, Bernard BLANC, Jean Sylvain MAÎTRE, Philippe PRIEUR : Les cornemuses SAUTIVET

Le mystère Jean Sautivet. La vie et l’oeuvre de Jean Sautivet restent une énigme dans l’histoire des facteurs de musettes, bien qu’il soit certain qu’il en fut l’un des premiers fabricants. Héritier et garant des
secrets de fabrication des facteurs de cornemuses de l’Ancien Régime, les décors de ses instruments sont encore utilisés aujourd’hui.

#LESONCONTINU