Au-delà de son aspect festif, le son continu se veut être un lieu où s’échangent les savoirs, et où la distance entre l’artiste et son public est réduite au maximum : les musiques promues par le son continu s’éloignent des pratiques du « star-system ». La relation privilégiée que le musicien entretient avec son luthier, dans le cas où celui-ci est un véritable artisan, est au centre des préoccupations du son continu.
On trouvera donc, durant le festival, un lieu où s’exprimeront :

– des historiens et des luthiers, venant éclairer l’histoire des musiques et instruments célébrés par le son continu
– des artistes, présentant « hors scène » le contexte dans lequel ils créent, témoignant de leur réflexion sur l’analyse et la transmission de leur art.

Les conférences, librement accessibles, se déroulent dans une salle du château. La jauge modeste (environ 80 places) permet une grande proximité entre les intervenants et le public. Les modes de communication sont variés : projections, présentation orale, jeu musical… Un échange, type « questions-réponses » peut s’instaurer avec l’auditoire.


Jeudi 11 juillet – 17 h 00

 

Conférence de Francesco GIUSTA & Rinaldo DORO : Con la Viola ën man…

Histoires et péripéties des aventureux joueurs de vielles italiens entre le XIXe et le XXe siècle.

Entre 1800 et 1900, une multitude d’italiens ont émigré partout dans le monde pour tenter leur chance, ou sortir de la misère. La plupart étaient des enfants, joueurs ambulants destinés à la rue, pour la quête et la charité. L’instrument qu’ils portaient sur le dos était la vielle à roue, Ghironda, Viola ou Vyula selon la zone d’origine. Nous allons évoquer les dates, les noms et les vicissitudes de ceux qui ont fait fortune et ne sont jamais revenus. Puis nous présenterons et jouerons d’un instrument italien, reconstruit après étude des vielles de ces musiciens ambulants

Rinaldo Doro : Né dans le Piémont, son intérêt pour la musique commence à douze ans, en abordant le piano classique. En 1978, la rencontre avec le Coro Bajolese, et Amerigo Vigliermo en particulier, marque le début de son parcours de recherche et de redécouverte de la musique traditionnelle du Canavese. Il a fait partie de plusieurs groupes, soit comme membre fondateur (La Contraddanza, Aria Pasia, Ombra Gaja, Ariondassa, Esprit Follet), soit comme collaborateur (Refole’, Tre Martelli, Grand Orchestre des Alpes, Tsarrye, Théâtre Royal de Turin). Il a donné de nombreux concerts, conférences et stages en Italie, Suisse, France, Espagne, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Royaume-Uni, Finlande, Ukraine et États-Unis. Il a enregistré beaucoup de disques et a été invité à participer à des émissions radio et également à des programmes télévisés. Ses instruments de prédilection sont la vielle à roue et l’accordéon diatonique.

Francesco Giusta : Né en 1990, il débute la vielle à l’âge de 11 ans en suivant des cours dans diverses écoles de musique. Il continue ensuite sa formation avec des maîtres de la vielle (J.F. « Maxou » Heintzen, P. Bouffard, G. Jolivet, V. Clastrier, T. Nouat, S. Durand et M. Loibner, G. Diaz). Depuis quelques années, il s’intéresse à l’histoire et le développement de l’instrument. Dès 2011, il donne régulièrement des cours de vielle à Turin et en Allemagne. En 2015, il gagne le premier prix de vielle soliste au concours du festival ‘Le Son Continu’. Au présent il a à son actif diverses collaborations avec des groupes italiens et étrangers (Roussignol, Acabaires, La Mesquio, Lou Dalfin, Malanova, Vagus Animis, Controcanto, Bal là, Trigomigo).


Vendredi 12 juillet – 15 h 00

Philippe KRÜMM : Émile Vacher (Tours, 7 mai 1883 – Paris, 14 avril 1969)

50e anniversaire de la disparition du « Créateur du genre musette et de la Java ».

Retour sur une carrière et une vie unique, celle d’Emile Vacher. Un tournant historique fondamental de la musique populaire à Paris et en France. Une rencontre avec un génie effacé de la grande l’histoire de la musique.

Philippe Krümm : Né à Paris XIIe en 1956. C’est la déception de ne pouvoir à 15 ans, devenir pilote de course à moto qui le poussera vers la musique ! Il sera dès lors de toutes les aventures de ce que l’on nommera en France le folk, les musiques traditionnelles puis les musiques du monde. Aujourd’hui journaliste voyageur, auteur de nombreux articles sur les musiques populaires et les instruments à anche libre métallique, Philippe Krümm voyage depuis la fin des années 70 à la rencontre des peuples, de leurs musiques et de leurs instruments…


Vendredi 12 juillet – 17h.

Thierry BERTRAND : Cornemuse et hautbois, du XIIe au XVIIe s.

La conférence, illustrée par des projections et des exemples musicaux enregistrés d’après les partitions d’origine, s’articule autour de trois thèmes :
– Les évolutions organologiques des cornemuses et hautbois. L’iconographie ancienne permet de suivre leurs évolutions organologiques respectives, mais aussi communes. Les cornemuses simples du XIIe/XIIIe siècle, avec ou sans bourdon, et les hautbois « monoxyle » de la même époque, présentent beaucoup de points communs. Ces similitudes durent jusqu’au XVIIe siècle.
– Les pratiques musicales. Ces instruments, durant des siècles, ont-ils partagé une pratique musicale commune et complice ? Ont-ils des statuts différents ou similaires dans les différents étages de la société ? Leurs répertoires sont-ils populaires ou savants ? Les archives musicales anciennes peuvent apporter des éléments de réponse.
– La facture moderne des instruments disparus. Depuis plusieurs années, un regain d’intérêt pour les musiques anciennes (médiévales, Renaissance…) déclenche une forte demande de la part des musiciens auprès des facteurs. Les hautbois les plus anciens conservés aujourd’hui datent du début du XVIe siècle. La restitution ou reconstitution est donc obligatoire pour les instruments antérieurs.

Thierry Bertrand est originaire du Marais Breton Vendéen, où il découvre, en 1974 à l’âge de 13 ans, la cornemuse régionale, la veuze. Sa formation professionnelle (tourneur sur bois) suivie d’une formation en acoustique, et sa passion pour la veuze l’amènent à la reconstitution de ces instruments anciens, à la recherche sur leurs fonctionnements acoustiques et leurs histoires. Il collabore à différents projets (livres, expositions, documentaires, conférences, etc.). Musicien professionnel de tradition orale, Thierry Bertrand a été primé plusieurs fois comme soliste dans différents concours, en particulier aux « Rencontres internationales des Maîtres Sonneurs de Saint-Chartier ». Il est aujourd’hui luthier et enseigne la cornemuse, et joue dans plusieurs formations professionnelles de musiques traditionnelles et anciennes (Renaissance Française).


Samedi 13 juillet – 15 h 00

AEPEM/La Bouinotte
Présentation de la réédition du recueil de Barbillat & Touraine

par La Bouinotte et Lancosme Multimedia et l’A.E.P.E.M.

Cette nouvelle édition de Chansons populaires dans le Bas-Berry d’Émile Barbillat et Laurian Touraine (1912-1930, rééd.1997) est complétée des rondes et formulettes de jeux spécifiques aux traditions enfantines. Simultanément paraît le du 1er coffret de CD enregistrés par un collectif de chanteurs et chanteuses sous la direction artistique de Sylvie Berger

La Bouinotte : Une maison d’édition passionnée par sa région. Elle édite un magazine trimestriel du même nom, consacré au Berry, et publie une dizaine de livres par an, romans, récits et livres thématiques.

L’AEPEM a pour objet l’Étude, la Promotion et l’Enseignement des Musiques Traditionnelles des Pays de France. Association fondée en 2004 par J. Lanfranchi, J.-M. Péru et P. Suzanne, son but premier est de promouvoir l’étude et la pratique du trésor oublié des musiques traditionnelles de France. Elle produit des CD et livrets de musiciens ou groupes qui, dans l’état actuel du marché de la musique en France, n’auraient que difficilement accès à ces supports.


Samedi 13 juillet – 17h.

Luc CHARLES-DOMINIQUE : Les « bandes » de violons en Europe : Cinq siècles de transferts culturels, des anciens ménétriers aux Tsiganes d’Europe centrale

De fortes ressemblances entre anciens ensembles ménétriers et actuelles bandes de violons tsiganes d’Europe centrale autorisent l’hypothèse de transferts culturels. Les Tsiganes étant présents en Europe depuis le XVe siècle, les contacts entre eux et les populations locales (Gadjé) sont multiples. Ainsi, les actuelles bandes européennes, témoignant de l’histoire migratoire tsigane, des échanges entre Tsiganes et Gadjé et entre Européens eux-mêmes, constituent une mémoire interculturelle de l’Europe.

Luc Charles-Dominique : né en 1955, est professeur d’ethnomusicologie à l’université Nice-Sophia-Antipolis (université Côte-d’Azur). Cofondateur et président du CIRIEF (Centre International de Recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France), il est membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Il est également musicien, et a collaboré autrefois avec le Conservatoire Occitan à Toulouse, puis le Centre Languedoc-Roussillon des Musiques et Danses Traditionnelles.


Dimanche 14 juillet – 15 h 00

Tiennet SIMONNIN, Michel ESBELIN : Auvergnats de Paris et Café-Concert.
Présentation du CD « Le Lilas Blanc » (AEPEM)

Avec « Le Lilas Blanc », Michel Esbelin et Tiennet Simonnin proposent un album entièrement consacré au répertoire de Café-concert tel qu’il était joué dans les bals musette de la Belle Époque : l’emblématique duo cabrette / accordéon est en effet né pendant cette période, avec la rencontre du maître de la cornemuse d’Auvergne, Antoine Bouscatel, et d’un accordéoniste-artisan originaire d’Italie du Nord, Charles Péguri.

Michel Esbelin : Il découvre la musique traditionnelle à la fin des années 70 à travers le folk-revival. Attiré par le répertoire de l’Auvergne, il entreprend en 1982 l’étude de la cabrette avec des spécialistes comme Pierre Ladonne et Jean Bona. En 1983, il gagne la médaille d’or au concours national de cabrette à Paris. À la même époque, il rejoint le groupe des Musiciens Routiniers puis collabore avec Daniel Denécheau, les frères Desaunay, Jean-François Vrod, Marc Anthony. Entre différents travaux de collectage, il participe à des projets musicaux variés dont Paris-Musette avec le guitariste Didier Roussin. Il crée les groupes « Les Costauds de la Lune » en 1999 et « Flor de Zinc » en 2008, et joue par ailleurs en duo avec les accordéonistes Didier Pauvert (Quand on fait le même chemin, 1996), Claude Quintard (La Bourrée à Régis, 2015) et Tiennet Simonnin. Il a publié en 2005 son premier album solo La Valse des Ombres.

Tiennet Simonnin : Il apprend à jouer très jeune du répertoire musette et auvergnat à l’accordéon chromatique. La musique traditionnelle fait partie de son entourage familier : à l’adolescence, il se lance dans l’apprentissage de la musique irlandaise, au tin whistle d’abord, puis à l’accordéon chromatique, avec pour modèle le phrasé et l’ornementation du diatonique irlandais. Au début des années 2000, il apprend à jouer du bouzouki puis de l’uilleann pipes. Plus tard, Tiennet découvre le milieu trad’ français, à travers la musique de bal : il joue de la musique d’Auvergne avec Michel Esbelin et du folk avec le duo « TTC » et « Mister Klof ».
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